Neuilly en thelle ville

Histoire de Neuilly-en-Thelle

Notre région, après la conquête romaine, faisait partie de la province de Belgique. Elle formait le « Pagus Cambiasensus » dépendant de la cité des Bellovaques dont la capitale, Cacsaromagus (aujourd’hui Beauvais), avait été fondée par César. Ce « Pagus » était limité au Nord par le Pagus Bellovacenis, à l’Est par le Pagus Silognecteusis (Senlis), au Sud par le Pagus Parisiacus et à l’Ouest par le Pagus Vlacassimus (Vexin).
Le Chef Lieu était Chambly, les points les plus éloignés Méru, Précy, Coye. Sur les plus anciens documents mis à jours, on trouve le nom de notre commune sous la forme « Noviliaco » ou « Noviliais ».
En fait, 32 localités de l’Oise portaient ce nom de « Noviliaco » ainsi que 690 hameaux ou lieux dits, dont :

  • Le Bois de Cauches
  • Bellay
  • Lamberval
  • Brunon
  • Caillois
  • Le Plessis Godart
  • La rue du Bois Dolus
  • Le nom a évolué par la suite : Nuylli en 1203
  • Neuli en 1220
  • Neuilli en 1235
  • puis : Nuelli
  • Nulli en Thelles
  • Nully en Thelle
  • et enfin Neuilly en Thelle

Neuilly fit longtemps partie du comté de Fresnoy en Thelle.

La ville

Les vestiges d’un château (Le Corps de Garde), dont la partie la plus ancienne date des XIII°et XIV° siècles, sont visibles rue Driard. Des souterrains maintenant murés reliaient l’église, le Corps de Garde et le château de Lamberval (château situé en direction de Fresnoy, détruit en 1818 et dont les restes sont converties en ferme).

L’église, dédiée à Saint Denis, a été remaniée plusieurs fois. Couverte de chaume, elle fût incendiée sous Charles V. Un ouragan a emporté la flèche de l’édifice le 2 février 1701. La tour fut couverte de chaume et brûlée en 1711, on reconstruisit alors le clocher actuel. Son portail à ogive à rentrants et colonnettes grèles date du 14ème siècle. On trouve au dehors une inscription de date : 1546. Les marquis de Fresnoy avaient leurs sépultures dans le cœur. Au côté droit se trouvait, avant la révolution de 89, le mausolée en marbre blanc de Charles Henri de Fresnoi dit « tempête »qui avait osé lever les yeux vers une princesse royale. En 1800 sa statue fût transportée au château de Lamberval, puis à Ercuis.
En creusant autour de l’église, en 1815, on a retrouvé de nombreux squelettes indiquant qu’une bataille avait eu lieu à cet endroit. Une chapelle, situé au sud du bourg, fut détruite en 1793. Le château, construction massive datait du 16ème siècle. En creusant un puisard dans sa cour en 1810, on y trouva un pot de terre rempli de monnaie de Charles le Bel, roi en 1322. Des souterrains maintenant murés, menaient au château de Lamberval.
Au lieudit « Les Vanneaux », on découvre en 1801 des sarcophages et l’année suivante des pièces d’or de la dynastie Carolingienne. Il a été trouvé d’autres sarcophages à une époque plus récente.

Le Bellé compte 600 habitants au 16ème siècle et possède une église totalement détruite en 1828. Les Templiers y eurent un établissement, les Chevaliers de Malte y eurent une commanderie. On y trouva des antiquités romaines. Nommé Beloy en 1228 et en principe Belloy et Bellay le nom de Bellé est issus directement du latin Betulletum, car il y avait en cet endroit un bois de bouleaux défrichés par les moines.

Neuilly en thelle

Le Bois des Cauches comptait 50 maisons vers 1600. La population fut détruite par une épidémie en 1620.
Près du bois Dolu se trouvait un village abritant une maladrerie, à l’emplacement nommé « la croix guerre ».
Un moulin à vent en pierre tournait encore au siècle dernier entre Crouy et Neuilly.
La mairie actuelle date de 1900. Avant, elle se trouvait sur la place, à côté de l’église, juchée sur d’énormes colonnes de pierre. Le marché avait lieu dessous.

Neuilly en thelle

Comme tous les villages autrefois, Neuilly comptait de nombreuses toitures de chaumes. Sujette aux incendies, elle ne fut pas épargnée et brûla trois fois. L’incendie de 1711 consuma toute la partie Sud et une chapelle, encore visible aujourd’hui, fut construite là où les flammes s’arrêtèrent. Une statue de bois qui se trouvait dans cette chapelle est aujourd’hui visible dans l’église.

Chapelle neuilly-en-thelle

En 1871 est inaugurée la ligne de chemin de fer Hermes – Beaumont, desservant Neuilly en Thelle. Il s’agit d’une ligne à voie étroite : un mètre seulement entre les rails. Ce système permet de créer des lignes plus sinueuses, limitant par la même occasion les travaux de construction, la ligne suivant plus naturellement les facilités du terrain naturel… Les habitants pouvaient aller travailler sur Persan. Ferdinant Serrin, à l’orignie de l’ouverture de cette ligne, fermée en 1958, était de frère de Victor, habitant de Neuilly connu partout dans le monde pour son invention : le régulateur de lumière.

gare neuilly en thelle

L'industrie

Quelques événements climatiques remarquables

Si Neuilly a triplé sa population en deux siècles, c’est surtout au 18ème, avec l’essor du textile que le nombre d’habitants a progressé de manière significative.

Neuilly en thelle

Le dévidage et l’apprêtage de la soie ont remplacé le travail des laines et poils de chèvre, introduits avec succès sous Louis XII par un Liégeois réfugié à Neuilly. Les vendeurs de boutons en poil de chèvre étaient nombreux en 1724 dans notre ville… A tel point que pour préserver la qualité, Colbert, ministre de Louis XIV, réglementa la fabrication sévèrement et fit pratiquer des contrôles. Les contrevenants devaient payer des amendes, ils étaient emprisonnés jusqu’à ce que leur dette soit acquittée. Une dame RIVOIRE implanta en 1765 la fabrication de cordonnets en soie, le succès était tel qu’en 1770 on ne préparait plus de poil de chèvre. 740 personnes de Neuilly travaillaient cette soie, venue de Lyon, d’Italie de Turquie ou même de Perse, à domicile par groupes de 8 ou 10 personnes. Ainsi, Neuilly a produit jusqu’à 84 tonnes de soie par an.

Neuilly en thelle

Si on s’inquiète, sans doute à juste titre, de la dégradation de notre système climatique, il ne faut pas pour autant s’imaginer que le temps du passé était si stable que cela…

  • 738 : Eté si chaud que les sources se tarirent
  • 822 : Hiver si froid que les rivières restèrent gelées plusieurs mois.
  • 891 : Les vignes ont gelé.

  • 991 : Hiver très long, tout le blé fut gelé. Cela entraîna la disette et la peste.

  • 999 : Des feux follets et des boules de feu éclatèrent avec grand bruit dans le ciel, la population crût à la fin du monde redouté pour l’an 1000.

  • 1194 : de gros grêlons carrés tombèrent dans le secteur de Clermont et Compiègne, détruisant les arbres le blé et les vignes.

  • 1216 : Le vin gela dans les tonneaux.

  • 1289 : L’hiver fut si doux que les primevères et violettes étaient en fleurs en janvier et les oiseaux commencèrent à couver. La récolte fut excellente.

  • 1304 : Grande année de sécheresse, l’Oise se traversait à pied sec.

  • 1408 : En janvier, le froid faisait éclater les tonneaux, il fallait couper le vin à la hache.

  • 1420 : Hiver si froid que les loups entraient dans les maisons pour y manger les nombreux cadavres.

  • 1581 : le 26 mars, un ouragan renversa plus de trente clochers, tuant 30 paroissiens à Bresles au cours de la messe et arracha presque toutes les toitures de Senlis.

  • 1593 : Un orage de grêle fut si violent, les grêlons si gros (plusieurs livres), que de nombreuses personnes furent tuées, ou devinrent folles.

  • 1645 : Inondation importante : la pluie couvrit presque toute la ville de Beauvais, on releva trois pieds d’eau dans la rue de la Taillerie.

  • 1658 : Le 22 février, une crue emporta presque tous les ponts et moulins de l’Oise.

  • 1676 : l’Oise fut gelée pendant 35 jours.

  • 1697 : Le canton fut ruiné par plusieurs orages.

  • 1709 : La température descendit à -23. Les poules mourraient, les canards pouvaient s’attraper à la main, pattes gelées…

  • 1712 : En mai, la foudre tomba sur le clocheton central de la cathédrale de Beauvais.

  • 1784 : Gel du 8 décembre au 28 mars. Neige trois mois consécutifs. Un incendie au Mesnil Saint Denis ne pu pas être éteint faute d’eau à cause du gel : 50 maisons brûlèrent.

  • 1788 : Température de -23, glace de 32 cm d’épaisseur.

  • 1795 : Température de -23,8. L’Oise fut bloquée 24 jours, les voitures pouvaient la traverser.

  • 1807 : de nombreuses personnes périrent ensevelies sous la neige : jusqu’à deux mètres de haut dans les vallons.

  • 1811 : Passage d’une comète visible plusieurs mois. Disette.

  • 1816 : Le 15 avril, la neige tomba en telle épaisseur que les arbres plièrent. En juillet août et septembre, il plut 26 jours et nuits par mois. Le blé, récolté fin août, pourrit rapidement. Il devint hors de prix.

  • 1829 : Hiver très froid pendant près de trois mois. L’Oise est restée bloquée deux fois, il neigea beaucoup, la consommation de bois fut très importante.

  • 1843 : En mars, apparition d’une comète.

La liberation

1er septembre 44
Grand cortège à la mémoire des victimes :

Dr. Andrieu
R. Lemoine
D. Champagne
C. Claris
G. Douce
G. Maillard
G. Lebond
M. Vollard
R. Roisse
M. Brossard
O. Pillois
F. Dufflots
A. Desportes
J. Lolliéron
L. Warin
L’Abbé Charpentier
M. Dacquet
L. Tache

Plaque monument aux mort neuilly en thelle oise

Le jeudi 31 août à 12h30, les tanks américains arrivent de Beaumont et remontent la rue de Paris : Neuilly est libre. Mais avant cet heureux dénouement, que de souffrances !

  • 7 juin 44 : M. Raymond Roisse est mitraillé sur sa locomotive à Ully St Georges.

  • 8 juillet 44 : Perquisition de la Gestapo au presbytère, arrestations de L’Abbé Duchemin, du Dr Andrieu, de messieurs Leculier et Defloo. Tous seront conduits à la prison de Beauvais par les allemands.

  • 22 juillet 44 : Quelques habitants incarcérés par les allemands sont libérés, mais pas le Dr Andrieux.

  • Messieurs Léon Tache et Marceau Brossard seront tués dans les bombardements de Beaumont au cours de l’été.

  • 22 août 44
    La résistance scie trois arbres pour barrer la route d’Ully St Georges, les allemands étant cantonnés au hameau du Tillet avec des blindés.

  • 23 août 44 :  SS arrivés tôt le matin avec des chenillettes tirent en pleine rue sur le gendarme Omer Pillois, qui voulait tenir tête. Ils visent les fenêtres et les passants, volent chez les commerçants… Voulant s’en prendre aux gendarmes qu’ils ne trouvent pas, ils font prisonnier le secrétaire de Mairie qui descendait de l’Hôtel de Ville, Jules Lolliéron, mutilé de guerre de 55 ans, sous les marches de l’escalier. Les employés de mairie réussissent à se sauver par les fenêtres côté arrière. Ils vont chercher dans l’écurie de la ferme Braque André Desportes, 30 ans, et Ferdinant Duflots, 29 ans, employés agricoles alors au travail, puis Louis Picot qu’ils enferment à leur tour sous l’escalier du hall d’entrée. M. Picot, accusé de terrorisme, est interrogé dans la salle des fêtes en premier. Il tient tête aux allemands de façon admirable, et à son grand étonnement, est libéré. Après des heures de brutalités, de simulacres de pelotons d’exécutions, les autres seront tous abattus sauvagement. Plus tard, l’avenue de la gare sera renommée « Avenue des Cinq Martyrs ».

  • 24 août 44 : Les blindés allemands traversent de nouveau la ville en tirant en toutes directions pour affoler la population. M. Léon Warin, ouvrier agricole de 59 ans qui travaillait à la ferme Trouart ne parvenant pas à ouvrir le portail, sera mortellement touché et décèdera le lendemain.

  • 30 août 44 : On entend enfin les tirs des alliés. Les blindés allemands passent toute la journée, emportant munitions, hommes et canons.

  • 31 août 44 : A 12h30, la ville de Neuilly est libérée. Cinq chars américains stationnent en ville. On échange des cigarettes contre du vin et des gâteaux. Les cloches sonnent. Deux allemands qui fuyaient sont tués rue du Mouthier, avec leur ottage : un charretier de Puiseux. Les américains passent la nuit au chalet.

Guerre mondiale Neuilly en thelle
Neuilly en thelle guerre